Art brut : l'impossible retour aux sources L'art brut est à la mode. Jean Dubuffet, inventeur du concept, fait l'objet d'une exposition au Mucem de Marseille, Un barbare en Europe (24 avril - 2 septembre). À la Halle Saint-Pierre, l'Art brut japonais II (septembre 2018 - mars 2019) a connu un franc succès. L'art brut s'est aussi trouvé un ancêtre en la personne de Georges Focus, « un peintre fou sous Louis XIV », exposé aux Beaux-Arts de Paris puis au musée d'Art et d'Archéologie de Besançon (jusqu'au 9 juin). Même engouement dans l'édition et le cinéma, qui consacre un biopic au facteur Cheval !Triomphe éclatant et paradoxal. Dès lors que l'art brut, conçu comme une machine de guerre contre les « arts culturels », a été rattrapé par l'institution, le marché et le grand public, que reste-t-il de sa charge subversive ? Le présent numéro apporte à cette question des réponses qui croisent histoire de l'art, philosophie, littérature et anthropologie autour des oeuvres elles-mêmes et de la passion de la collection.
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